• Mégane Ghorbani

Inclure les femmes réfugiées et migrantes

En cette veille de journée mondiale des réfugié·e·s, j’ai eu le plaisir de clôturer le cycle de formation d’Esfand pour le programme de mentorat entre femmes Intercultur’elles. Ce fut l’occasion de rappeler quelques enjeux clés liés au genre et à la migration.

Visibiliser les femmes migrantes


Souvent peu visibles, les femmes représentent pourtant la moitié des personnes migrantes et réfugiées dans le monde (ONU 2016). En France, elles sont même majoritaires parmi les personnes immigrées (Insee, 2019) et demandeuses d’asile selon les situations (divorce, veuvage) et les nationalités – 78% des réfugié·e·s malien·ne·s sont des femmes. En moyenne, elles constituent 37 % des personnes sous protection de l’Office Français de Protection de Réfugiés et Apatrides (OFPRA, 2019).


Croiser les facteurs de marginalisation

Dans le monde, 1 femme réfugiée ou déplacée sur 5 subit des violences sexuelles. De plus, 60% des décès maternels évitables se produisent dans le cadre d’actions humanitaires (Conseil économique et social des Nations Unies, 2014). Les femmes réfugiées et déplacées se confrontent donc à davantage de risques.

Ces inégalités se retrouvent aussi en matière d’accès à l’éducation. Celles-ci s’opèrent tout d’abord entre personnes réfugiées et non-réfugiées : le taux de scolarisation dans l’enseignement supérieur des personnes réfugiées dans le monde est de 3 %, contre 37 % pour la population en générale (HCR, 2018). De plus, il existe des disparités entre femmes réfugiées et hommes réfugiés: les filles réfugiées ont deux fois moins de chances que leurs équivalents masculins d’accéder à l’enseignement secondaire (HCR, 2018) et les femmes réfugiées ne constituent que 41% des personnes réfugiées s’inscrivant au programme de bourses DAFI du Haut Commissariat des Nations Unies pour les Réfugiés (HCR) pour l’accès à l’enseignement supérieur. Les femmes sont pourtant plus nombreuses à être diplômées de l’enseignement supérieur que les hommes dans les trois quarts des pays au monde.


En Île-de-France, 18% des migrantes (tous statuts confondus) disposent d’un niveau d’étude supérieur au baccalauréat (enquête Dsafhir, 2018). Il n’existe cependant que peu de données, voire aucune, sur l’accès des femmes réfugiées à l’enseignement supérieur dans la région parisienne.

Déconstruire les stéréotypes et faire valoir ses droits

Que ce soit en matière de santé sexuelle et reproductive, de travail ou de protection contre les violences, les femmes réfugiées et demandeuses d’asile disposent de droits qu’elles peuvent faire valoir. J’avais ainsi développé quelques fiches pratiques sur le sujet pour l’association UniR en 2020. Enfin, un travail de déconstruction des stéréotypes associés à ces femmes est nécessaire, et cela passe souvent par rappeler avant tout que pour beaucoup, avoir un diplôme reste un objectif important à poursuivre.

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