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Pas de justice sociale sans justice de genre

De nombreuses structures engagées dans le développement durable et inclusif souhaitent intégrer le genre dans le domaine de la justice sociale. Notre cabinet accompagne ainsi plusieurs organisations - ex. Agence française de développement, Fonds au profit des victimes - sur des projets en lien avec l’insertion, la résilience ou encore l’autonomisation économiques. Nous vous offrons un aperçu du sujet.


Quel lien entre justice sociale et justice de genre ?


La justice sociale se base sur plusieurs principes fondamentaux, dont:

- L'égalité des droits et des chances

- La solidarité et la redistribution des richesses

- La participation et la démocratie

- La reconnaissance et la valorisation de la diversité

- La lutte contre les discriminations et les injustices

- La réalisation des droits humains.


La justice sociale reste donc indissociable d'une justice puisque c'est un concept multidimensionnel qui vise à créer une société plus juste pour tou·te·s.


Les enjeux de la justice de genre en matière d’autonomisation économique


D’après un rapport de l’ONU, au rythme actuel, il faudra attendre encore 140 ans pour que les femmes soient représentées de façon égale aux hommes dans des positions de pouvoir et de leadership sur leur lieu de travail. Globalement, les femmes ont moins accès au marché du travail que les hommes. Lorsqu’elles y accèdent, leurs conditions de travail sont plus précaires (travail à temps partiel, secteur informel, faible rémunération…) et leur protection sociale moindre.


En matière d’autonomisation économique, on peut constater trois enjeux principaux d’inégalités de genre.

  1. Le premier porte sur l'accès et le contrôle des femmes et des personnes non conformes de genre sur les ressources essentielles (éducation, foncier, santé), les ressources productives et leurs droits fondamentaux (autonomie corporelle, droits civils et politiques, droits de succession…).

  2. Un autre enjeu est lié à leur accès à un travail décent, à des droits et à une égalité réelle dans les économies formelle et informelle.

  3. Le dernier enjeu majeur concerne les politiques et les pratiques discriminantes, inégalitaires et stéréotypées à l’égard des femmes et des personnes non conformes de genre.

Les freins à l’autonomisation économique peuvent être d’autant plus importants si l’on s’intéresse à certains sous-groupes clés et/ou lorsque l’on croise certains facteurs de marginalisation supplémentaires au sexe, comme la classe sociale ou la situation socio-économique, l’identité de genre, l’orientation sexuelle, l’ethnie, l’âge ou encore le handicap. Ainsi, les inégalités en matière d’autonomisation économique résultent de l’accumulation de nombreux désavantages socio-économiques au cours de la vie des femmes et des personnes non conformes de genre, et de la valeur inférieure implicite associée aux travaux qu’elles effectuent.


Un accès inégal aux ressources pour les femmes et les personnes non conformes de genre


Globalement dans le monde, les filles sont moins scolarisées que les garçons, notamment lorsque :

  • l’éducation implique un coût financier pour des parents qui “investiront” davantage sur leurs garçons dans une logique de retour sur investissement ;

  • la sécurité sur les trajets n’est pas assurée et expose davantage les filles aux violences basées sur le genre ;

  • des groupes communautaires et/ou religieux sont opposés au principe même d’éducation des filles ;

  • les infrastructures sanitaires ne sont pas adaptées aux besoins hygiéniques des jeunes femmes ;

  • la part de tâches domestiques réalisée gratuitement par les filles constitue un manque important pour leur famille en cas de scolarisation.

Cela entraîne des écarts importants de taux d’alphabétisation entre les femmes et les hommes âgés de plus de 15 ans - respectivement 61% et 74% en Afrique subsaharienne, 65% et 81% en Asie du Sud selon les données de la Banque mondiale. Des disparités importantes s’observent selon les pays - en Guinée, au Bénin et au Pakistan par exemple, moins d’une femme sur deux est alphabétisée. Au sein même des pays, il existe également des écarts entre le milieu rural et urbain, les personnes déplacées ou non. Les filles réfugiées ont ainsi deux fois moins de chances d’accéder à l’enseignement secondaire que leurs équivalents masculins.


Partout dans le monde les femmes sont moins nombreuses à posséder un téléphone portable et ont moins accès à internet que les hommes. De plus, elles disposent moins que les hommes d’un compte bancaire. Cet écart de genre dans les pays en développement est de 6%. Ainsi, on compte près d’1 milliard de femmes non bancarisées à travers le monde.


Discriminations et violences basées sur le genre


Partout dans le monde, les femmes sont encore majoritairement en charge de prendre soin de leurs proches. Les tâches familiales et ménagères leur incombent disproportionnellement. En Afrique, les femmes passent trois fois plus de temps par jour que les hommes à réaliser un travail de soins non rémunéré, y consacrant plus de 4 heures quotidiennes contre un peu plus d’une heure pour les hommes. En Bolivie, ce temps de travail de soins gratuit atteint même 5,6h par jour pour les femmes.

Par ailleurs, 28 % des gens dans le monde – toutes identités confondues – pensent qu’il est « normal qu’un homme batte sa femme » et plus d’une femme sur trois déclare avoir déjà subi des violences physiques et/ou sexuelles dans sa vie. Les préjugés sexistes envers les femmes imprègnent ainsi près de 9 personnes sur 10 dans le monde et nourrissent des pratiques discriminantes. Selon un rapport de 2022 de la Banque mondiale, environ 2,4 milliards de femmes en âge de travailler ne bénéficient pas d’une égalité de chances économiques et 178 pays maintiennent des obstacles juridiques discriminant les femmes. De plus, l’homosexualité et l’expression d’une identité de genre non conforme est encore pénalisée dans 69 pays à travers le monde, ce qui freine certains groupes de personnes dans l’exercice de leur droits.


Dans ce contexte, il est difficilement imaginable de viser une justice sociale sans prendre en compte les inégalités de genre, encore fortement injustes pour les femmes et les personnes non conformes de genre.


Vous êtes une structure engagée qui cherche à intégrer la justice de genre à ses projets de justice sociale ?

Esfand forme, accompagne et conseille sur le sujet.



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