• Lou Galichet

Nouvelle enquête : jeunesse, féminisme et développement durable

Dans le monde, près de 2 personnes sur 3 considèrent le changement climatique comme une urgence mondiale. De plus en plus de jeunes de moins de 35 ans sont sensibles au développement durable, notamment depuis la crise du covid-19. Mais sa mise en pratique ne fait pas encore l’unanimité. Du côté de l’égalité, seulement 24% des français∙es considèrent que la situation des femmes s’est améliorée par rapport à 2019, et 9 personnes sur 10 dans le monde ont encore des préjugés sexistes. Il n’empêche que le féminisme et l’écologie prennent de l’ampleur, ne serait-ce que par le biais des influenceurs∙ses qui sont de plus en plus nombreux·ses à sensibiliser leur communauté. Afin de réellement mesurer l’impact de l’essor de ces sujets dans le quotidien des jeunes, j’ai mené l’enquête. J’ai interrogé des jeunes de 16 à 25 ans par l’intermédiaire d’un sondage, pour rendre compte de leurs pratiques et de leur degré de prise de conscience.


Comment est né mon engagement éco-féministe


Ma famille représente mon premier cercle d’engagement. C’est en son sein que mes parents nous ont transmis à ma sœur (24 ans), mon frère (22 ans), et moi (18 ans) l’importance de l’écologie. Étant responsables de la maison, ils sont très pointilleux sur notre consommation, qu’elle soit alimentaire ou vestimentaire. Nous favorisons la nourriture la plus fraîche et la plus locale possible, et les vêtements de seconde main. C’est un long processus qui s'opère depuis plusieurs années et qui nous a petit à petit éloignés d’une consommation de produits industriels et transformés. En revanche, quand on vient à parler du féminisme, c’est à ma sœur et moi - les plus sensibilisées au sujet - que revient le rôle “d’éduquer” nos parents et notre frère sur la cause. Nous avons l’habitude de les reprendre lorsqu’ils font une réflexion que nous jugeons déplacée, ou encore de leur apprendre des termes et des notions qu’ils ne connaissent pas.


C’est cette éducation qui donne vie à mon ambition de “changer le monde”. En effet, je fais partie de cette jeunesse engagée qui s’informe sur les réseaux sociaux, dans l’actualité et qui participe à des manifestations sur son temps libre. Depuis ma dernière année de lycée et précisément depuis le lancement du mouvement School Strike For Climate par Greta Thunberg, j’ai pris conscience que l’éducation écologique que je reçois de mes parents est nécessaire et qu’il est indispensable de la transmettre.


Résultats de l’enquête : les femmes plus engagées parmi les jeunes


Profil des répondant·e·s


J’ai réussi à obtenir exactement 976 réponses, parmi lesquelles on retrouve une écrasante majorité de femmes (775), 196 hommes ainsi que 3 personnes non-binaires. D’un point de vue de l’âge, les résultats du sondage regroupent essentiellement des jeunes ayant entre 16 et 22 ans et une petite centaine ayant entre 23 et 25 ans.



Intérêt pour le développement durable et le féminisme


On se rend compte, en étudiant les résultats, que les jeunes femmes sont bien plus enclines que les jeunes hommes à défendre les valeurs et les projets que sont le féminisme et l’écologie. Elles s’y intéressent beaucoup plus sur les réseaux sociaux, et sont prêtes à le montrer en manifestant. Les hommes, en plus d’être moins sensibilisés, sont bien plus discrets sur leur engagement, et ne sont généralement pas prêts à descendre dans la rue pour défendre leur opinion.


Visions et leviers d'action pour l'égalité

J’ai posé une première question simple pour savoir combien de personnes se considèrent comme féministe. Ainsi, à la question “Êtes-vous féministe ?”, trois réponses étaient possibles : “oui”, “non” et “non mais je suis pour l’égalité des genres”. Certain∙e∙s participant∙e∙s ont critiqué cette dernière option car pour eux être féministe et vouloir l’égalité des genres sont synonymes. Mais finalement, nombreuses sont les réponses « non mais je suis pour l’égalité des genres ». On se rend compte qu’un simple “oui” ou “non” aurait été trop réducteur pour exprimer la pensée des répondant·e·s. A cette question, la majorité des garçons répondent “non mais je suis pour l’égalité des genres”, et la majorité des femmes répondent “oui”.


Ensuite, deux leviers d’actions ont été proposés aux répondant∙e∙s : un changement des mentalités ou une révision des politiques publiques. Alors que les femmes sont quasi toutes d’accord pour allier les deux, les hommes sont plus partagés et plus nombreux à considérer le changement de mentalités comme seul levier.


Une part importante de jeunes encore à sensibiliser


Gestes quotidiens pour l’environnement


J’ai cherché à savoir, parmi une liste de pratiques simples et durables, lesquelles faisaient partie du quotidien de chacun∙e. Aucun de ces gestes n’est universel. Ils sont néanmoins trois à ressortir du lot : éviter le gaspillage, favoriser la douche au bain et trier ses déchets. Malgré cela, encore 1 jeune sur 4 ne trie pas ses déchets. D’autre part, il reste beaucoup de jeunes qui n’adaptent pas leur consommation de viande, alors que le sujet est de plus en plus présent dans les débats publics


Violences faites aux femmes


Pour autant, la jeune génération semble assez informée en termes de féminisme. Premièrement, 80% des jeunes entre 16 et 25 ans connaissent la notion de “culture du viol”. Ce terme est important dans les combats actuels : il aborde de nombreux concepts et déconstruit nos prénotions. Parmi ces prénotions, nous pouvons citer l’idée selon laquelle la tenue vestimentaire d’une femme justifierait les violences dont elle est victime. Deuxièmement, un peu moins de trois quarts des jeunes savent que dans 9 cas de viol sur 10, la victime connaissait son agresseur (famille, amis, voisins…). En effet le mythe du viol dans une ruelle sombre par un inconnu est encore très répandu alors qu’il ne représente à peine 1 cas sur 10. Il est important que de tels chiffres soient connus, afin de déconstruire certaines croyances populaires et de garantir une prise de conscience générale qui s’appuie sur les faits.


Pour conclure, on retiendra que 91% des jeunes qualifient la situation climatique actuelle d'alarmante, contre 77% des français∙es tout âge confondu : les jeunes sont donc une tranches plus sensibilisée que les autres. Elle a conscience de la gravité des faits et de l’urgence de changer les choses même si les jeunes n’agissent pas tous en conséquence. Il n’empêche que le verre peut être vu à moitié plein, plutôt qu’à moitié vide, car la majorité agit. C’est un mouvement qui est en transition et les choses ont déjà grandement évolué en comparaison aux anciennes générations.